lundi 23 mars 2009

BEAUCOUP DE RUINES

Samedi 28-02-2009- HUATULCO-SAN PEDRO TAPANATEPEC – 291 km

Après ces quelques jours de farniente, il est temps d’être « on the road again ». Après leur propre farniente à Puerto Escondido et Puerto Angel, Bernard et Suzanne, Nazir et Johanne, Richard et Manon nous rejoignent à Huatulco. Départ vers San Cristobal que nous ne rejoindrons que le lendemain. Route assez plane et tranquille ce jour-là; nous échappons aux vents qui sont réputés dans la région de La Ventosa et de La Venta; il y a d’ailleurs beaucoup d’éoliennes dans le secteur. Coucher dans un Pemex super bruyant. Les camions y entrent et en ressortent toute la nuit; en plus, toute la nuit, des mangues mûres tombent d’un arbre dont les branches surplombent le camper de Bernard. Nos voisins de camping sont quatre jeunes Mexicains, vendeurs de matelas, lesquels matelas sont empilés debout dans la boîte de leur camionnette; pour la nuit, ils ont rabattu l’un des matelas et trois des jeunes ont couché à la belle étoile, pendant que le dernier dormait dans sa cabine, bobette et bas suspendus à sa fenêtre. Pittoresque!

Dimanche 01-03-2009- SAN PEDRO TAPANATEPEC- CHIAPA DE CORZO – 166 km

Avant d’entrer dans le Chiapas, une inspection militaire coûte une lampe frontale à Manon et Richard. Le militaire trouvait que cela pourrait lui être utile et a demandé un « regalo » : difficile de refuser. Que voulez-vous? Aujourd’hui, nous n’échappons pas aux vents; en fait, ils sont assez violents, sur cette route de montagnes, pour nous forcer à ralentir; un de nos essuie-glaces est même emporté dans la nature. Heureusement, Richard, notre mécanicien maison, a la bonne idée d’utiliser l’essuie-glace arrière (qui fonctionne sur un moteur indépendant) pour remplacer le fugueur, car évidemment, de façon très exceptionnelle, quasi pour faire exprès, il pleut un peu ce jour-là!

Nous passons par Tuxtla-Gutierrez, la capitale du Chiapas, en ne nous arrêtant que pour faire l’épicerie; il y a là l’un des plus beaux jardins zoologiques d’Amérique latine, mais la visite sera pour une autre fois! Notre objectif est de coucher sur le site de départ des croisières du Canyon de Sumidero, car nous débuterons la journée de demain avec cette excursion.

La croisière a lieu le lundi matin. 35 km en aller-retour au fond du canyon. Cette faille impressionnante a des parois rocheuses qui s’élèvent parfois à plus de 1000 mètres, enserrant les eaux du rio Grijalva. La légende dit que, pour échapper à la domination espagnole, les Indiens de cette région du Chiapas ont fui sur les hauteurs du canyon et que certains ont même préféré se jeter dans le canyon plutôt que de se soumettre à leurs poursuivants.

Au fil du parcours, on voit des spécimens de la faune du Chiapas : échassiers, singes et même un crocodile. Le point de retour de la promenade est marqué par le barrage hydro-électrique Manuel Moreno Torres, aussi nommé Chicoasén, avec son mur de 260 mètres.

Lundi 02-03-2009- CHIAPA DE CORZO-SAN CRISTOBAL DE LAS CASAS – 64 km

La route vers San Cristobal est réputée pour être montagneuse et sinueuse. Par mesure de prévention, (étourdissements pour Stéphane et vertige pour Lisette), ceux-ci décident de prendre la « cuota », les routes payantes étant généralement plus larges et un peu moins sinueuses; malgré tout, ça monte de façon constante pendant 45 minutes. Les vues sur la vallée deviennent de plus en plus spectaculaires au fur et à mesure de l’ascension. Les autres membres du groupe prennent la « libre » et nous rejoignent à destination 30 minutes plus tard. Les routes « libre » sont généralement assez belles, mais sont parsemées de « tope » (dos d’âne), ce qui ralentit le rythme (et use les freins), parfois significativement lorsque la route traverse plusieurs villages. Par contre, elles sont gratuites, alors que les « cuota » ne le sont pas, le tarif pour les motorisés étant la plupart du temps un peu plus que le double de ce qui est facturé aux voitures (et aux véhicules de la grosseur des « West »); pour certains trajets, cela peut représenter une jolie somme!

San Cristobal est située à 6900 pieds d’altitude. Première surprise : il fait beaucoup plus frais à cette altitude et certains échangent vite leurs shorts pour des pantalons, troquent leur camisoles pour la petite laine. Deuxième SURPRISE, et non la moindre : le camping prévu est complet car une caravane s’y est arrêtée. En théorie, l’autre camping de la ville n’est accessible qu’aux petits véhicules : les rues de San Cristobal sont trop étroites pour que les gros motorisés puissent s’y promener. En « West », avec Richard et Bernard, nous nous rendons donc au Rancho San Nicolas ; la proprio du camping nous assure qu’il y a une route praticable pour les gros motorisés et nous précède en voiture pour nous l’indiquer; Richard et Bernard la juge acceptable, sauf que sur 200 mètres, il y a une rue super étroite à parcourir. Deux véhicules sont déjà stationnés dans cet espace restreint et c’est au centimètre près que les trois habiles conducteurs négocient le passage. Soulagement!

Toute cette recherche et ces « viraillages » nous ont pris deux heures et le soleil est sur le point de se coucher. Troisième surprise : les soirées ne sont pas seulement fraîches, mais carrément froides. Il fait au maximum 50C. Stéphane s’habille en conséquence : jeans, chandail, polar, coupe-vent, foulard, tuque et gants. On se croirait au Québec! Malgré des journées ensoleillées et chaudes, les trois nuits passées à San Cristobal seront très froides et le contraste est grand avec les chaleurs torrides de la côte du Pacifique.

Mardi 03-03-2009- SAN CRISTOBAL DE LAS CASAS

Pour un peu plus que les 20 pesos réglementaires pour tout trajet dans les limites de la ville, un taxi nous dépose au centre, pour une visite de San Cristobal. Capitale du Chiapas jusqu’en 1829, San Cristobal a été fondée le 31 mars 1528, sous le nom de Villa Real de Chiapa, par Diego de Mazariegos ; elle a changé de nom à quelques reprises au 16è, 17è et 18è siècle; elle a aussi appartenu à des territoires différents, notamment à l’état du Yucatan et au Guatemala voisin. Le patrimoine colonial de la ville, le riche passé maya et la vivacité des traditions indigènes sont encore très présents. Le nom actuel de la ville rend hommage à Bartolomé de Las Casas, qui a fait un bref séjour dans cette région mais a toujours été un ardent défenseur des Indiens.

Dès l’arrivée au zocalo, nombre de vendeurs et vendeuses nous assaillent. Nous sommes sauvés par une agente de tourisme de la municipalité, qui nous a vite repérés et nous donne toute sorte d’informations utiles, en plus d’une carte de la ville. Suivant ses conseils, nous visiterons le musée de l’ambre, puis celui du jade; magnifique spécimens exposés dans ces deux musées.

Pendant notre repas dans un resto, une adolescente de 14 ans, aux allures de petite fille, nous tient son baratin avec un talent fou pour la vente. Elle s’exprime en français, qu’elle a appris au contact des touristes, dit-elle. L’un des états les plus pauvres, le Chiapas est le royaume de la débrouille; plusieurs enfants, parfois très jeunes, contribuent au revenu familial en vendant aux touristes l’artisanat qu’eux-mêmes et/ou leurs parents fabriquent. Tous les enfants auxquels nous avons posé la question nous disent qu’ils vont à l’école, mais il est permis d’en douter parfois, en constatant l’heure précoce de la matinée (ici, l’école se termine souvent vers midi). Que de talent gaspillé, tout de même! Nous succombons au charme de Cristina et lui achetons de ses petites poupées aimantées.

Le Mercado Abierto de Artesanias Indigenas est plein de produits venant des alentours, même de villages du Guatemala; très colorés. Les étalages sont beaux. Quelques achats sont inévitables! Une visite au musée de la médecine maya terminera cette belle journée; nous y verrons un accouchement effectué avec l’aide d’une sage-femme, la mère agenouillée entre les jambes de son mari, lui-même assis, qui enserre le ventre avec ses jambes, effectuant ainsi un massage bénéfique. Nous apprendrons aussi quelques notions des traitements effectués par les « guérisseurs », mélange de traitements médicinaux aux herbes, de prières et d’incantations accompagnées de mouvements corporels et d’un allumage rituel de bougies (forme, grosseur et quantité des bougies variant selon le type de maladie et/ou de demande), de purifications à l’aide de Coca-cola ou autre boissons gazeuses (les rots font « sortir le méchant »). Nous nous préparons sans le savoir à notre visite à l’église de Chamula où nous serons témoins de ces rites religieux.

Mercredi 04-03-2009- ZINACANTAN ET CHAMULA

En taxi et en « colectivo », nous nous rendons successivement dans deux villages d’origine tzotzile, un groupe ethnique maya. Ces villages sont situés à une dizaine de kilomètres de San Cristobal et, comme dans toutes les communes tzetzales et tzotziles des hautes terres du Chiapas, les habitants conservent leurs anciennes traditions politico-religieuses et sociales. Leur habillement quotidien est caractéristique; tous, adultes comme enfants, portent le costume traditionnel en lainage noir, magnifiquement brodé, dans des teintes qui changent à chaque année (bleu cette année), mais qui sont uniformes pour une année donnée.

À Zinacantan, nous sommes accueillis par une demi-douzaine de jeunes adolescentes. Elles désirent toutes nous convaincre de les suivre chez elles, pour nous faire voir les tissages et les broderies réalisés par leur mère et nous faire goûter la cuisine locale. Incapables d’en décevoir l’une plus que l’autre, nous nous séparons en 3 groupes; Suzanne, Bernard, Lisette et Stéphane iront chez Lucia, chacun des deux autres couples en suivant deux autres. Tous reviendront avec des articles achetés dans ces boutiques qui n’en ont pas l’air, puisque nous pénétrons dans l’espace de vie de la famille.

Lucia est proactive : elle insiste pour que nous revêtions des vêtements traditionnels; Bernard et Suzanne revêteront les habits des mariés, tandis que Lisette et Stéphane auront le rôle et les habits des parents des mariés; elle prend notre photo et accepte ensuite que nous la photographions avec sa mère et ses sœurs; son jeune frère, lui, ne veut pas être inclus; le père est pour sa part plutôt fuyant. Nous goûtons quelques tortillas, avec fromage-maison et graines de citrouille moulues. Une expérience et des personnes dont nous nous souviendrons. Lucia Perez Perez a 14 ans, est en secondaire III et veut poursuivre ses études afin d’être maîtresse d’école. Nous lui souhaitons de réussir, et surtout, de ne pas perdre la petite flamme dans son regard. Certaines de ces femmes tzotziles, qui arpentent les rues des grandes villes de la péninsule du Yucatan pour vendre leur artisanat, ont le regard complètement éteint et semblent avoir perdu toute joie. On voit même ce regard abattu chez certains enfants, visiblement affectés par un sort auquel il est difficile d’échapper; on peut penser qu’il soit pénible à certains d’affronter les refus répétés des touristes, certainement plus fréquents que les ventes effectives.

À Chamula, le Templo de San Juan Bautista est un phénomène intéressant et un peu troublant. Des rites païens mayas fusionnent avec la religion catholique, brisant tous les schémas établis par l’Église occidentale. À l’intérieur de chaque côté, il y a une quarantaine de statues de saints, parés selon les anciennes traditions indiennes : rubans de couleurs et, pendus à leur cou, miroirs symbolisant l’œil sacré qui voit tout. Il n’y a ni prêtre ni messes; chacun va prier son saint préféré, debout devant la statue ou agenouillé par terre; il n’y a aucun banc dans l’église, qui sert surtout à des exorcismes et guérisons de chamans. Il y a une multitude de cierges allumés sur des tables ou bien par terre, pour les raisons qu’on nous a expliqués hier au musée maya. On entend les gens prier en récitant dans leur langue des litanies interminables. Avec un enfant ou une poule dans les bras (rite de purification), ils boivent aussi du coca-cola; comme mentionné précédemment, il s’agit d’expulser les mauvais esprits. À Zinacantan, les gens préféraient le pepsi tout en ayant une pratique religieuse plus près du catholicisme traditionnel.


Jeudi 05-03-2009- SAN CRISTOBAL DE LAS CASAS-AGUA AZUL – 160 km

Rivières, vallées, montagnes, forêts, grottes, cascades, côtes et plaines forment l’environnement naturel du Chiapas, l’un des plus fascinants états du Mexique. Nous découvrons cette nature très verdoyante et variée sur notre route vers Agua Azul, assurément l’une des plus belles depuis le début du voyage. Le Chiapas compte plus de cent rivières qui, à travers de quatre grandes branches, parcourent l’état du nord au sud et d’est en ouest; elles représentent le tiers du réseau fluvial de tout le pays. Le courant de leurs eaux a donné naissance à de nombreuses cascades, dont celle où nous conduit notre descente vers des lieux moins élevés que San Cristobal. Agua Azul, splendide cascade sur la rivière Tulija ou Shumulija, porte bien son nom : elle est d’un bleu variant entre le turquoise et celui du « bleu à laver », ce qui n’est pas sans nous rappeler la couleur de certains lacs et rivières albertains. Elle tombe d’une grande hauteur, par paliers successifs, en formant des piscines naturelles, dans lesquelles il est possible de se baigner. La cascade est bordée d’un sentier aménagé qui, sous un couvert verdoyant, la longe sur plus d’un kilomètre ; le désavantage est que ce sentier est aussi bordé de restaurants et boutiques de souvenirs, ce qui enlève malheureusement à l’aspect sauvage des lieux. Néanmoins, en choisissant de se concentrer sur la rivière, on peut encore apprécier la beauté de ce paysage merveilleux.

Nous camperons sur le site. Nos voisins sont des Italiens d’un certain âge (ça veut maintenant dire un peu plus que le nôtre!), voyageant dans deux campers assez robustes aux allures de chars d’assaut. Leur périple a débuté en janvier 2008, la traversée les menant d’abord à Buenos Aires; de là, ils sont allés jusqu’à la Terre de Feu, avant de remonter vers le Mexique par la côte Pacifique de l’Amérique du sud. Ils comptent remonter la côte ouest des États-Unis jusqu’en Alaska; leur voyage, partiellement commandité par toutes sortes d’entreprises italiennes et internationales, devrait se terminer à New York en décembre 2009. Comme quoi les voyages forment la vieillesse!

Vendredi 06-03-2009- AGUA AZUL- PALENQUE– 75 km

En route vers Palenque, nous dînerons à la cascade de Misol-Ha. D’une grande hauteur, cette chute se précipite dans un bassin en cuvette. Un sentier passe entre la chute et la paroi rocheuse et mène dans une grotte où il y a une autre cascade. Ceux d’entre nous qui se sont rendus à la grotte ont pu, sous la houlette d’un guide, entendre le bruit assourdissant de la cascade intérieure et apercevoir les grappes de chauves-souris qui habitent les lieux. Cette chute et ce bassin sont célèbres pour être ceux où plongeait Tarzan, dans la version originale du film (1939).

Dix-huit kilomètres plus loin, nous voici au camping de l’hôtel-restaurant Mayabell, près des ruines de Palenque. L’un des plus beaux et des plus agréables campings où nous ayons séjourné au Mexique. La piscine est sertie dans un décor de nature tropicale et est fort appréciée. Nos voisins du site d’en face sont les Church (Terri et Mike), les auteurs de la bible sur les campings mexicains. D’ailleurs, ils étaient aussi nos voisins à Oaxaca et nous les avons croisés dans les rues de San Cristobal. Nous découvrons qu’ils se passionnent depuis peu pour l’ornithologie. Ce couple a aussi écrit un volume sur les campings en Alaska et en Europe; ils ont leur propre maison d’édition. Nous sommes jaloux de leur connexion internet par satellite. Constamment sur la route, ils doivent disposer de cet outil sophistiqué; ils voyagent cependant dans un motorisé assez modeste (caravane pilée ou portée), en tirant une jeep qui facilite leurs déplacements locaux. Ils complètent actuellement leur grande tournée du Mexique, en vue d’une mise à jour de leur livre, à paraître en 2009.

Nous avons aussi fait la connaissance de Bonnie et Jim, de St-John, Terre-Neuve. Ils ont acheté, d’un ami, un motorisé dont ils ont pris possession au Texas, avant de le traverser au Mexique; ils comptent le remiser au Texas et prendre l’avion pour rentrer. Lui est marchand de bateaux (plaisance, pêche et utilitaires) et fait aussi ses affaires par Internet, même en vacances; il doit être assez bon vendeur car il a déjà vendu un brise-glaces au Bangladesh!

Tous les soirs de 20h00 à 22h00, il y a des musiciens qui présentent leur numéro au restaurant-palapa situé à proximité de nos sites de camping. Durant les trois soirs où nous camperons là, au moins une heure sur deux procurera un bon spectacle. Mais, le concert par excellence, celui qui nous impressionnera le plus, c’est celui que nous font les singes-hurleurs, chaque nuit vers le petit matin : les « machos », les chefs de bande de cette variété de singes plutôt délicats, émettent un son unique, un grondement très puissant qui évoque le rugissement d’un féroce félin, et qui peut s’entendre à deux kilomètres la ronde. Ils habitent la forêt qui encercle le camping et le site archéologique et c’est donc d’assez près que nous les entendons; malheureusement, nous n’avons pas réussi à les voir; mais on nous dit qu’ils sont à peine plus gros que ceux que nous avons photographiés à distance lors de notre excursion dans le Canyon del Sumidero (voir la photo sur l’album no 8)

Samedi 07-03-2009- PALENQUE

Journée consacrée à la visite des ruines de Palenque, inscrites au Patrimoine mondial de l’humanité depuis une vingtaine d’années. Ce site archéologique est l’un des plus remarquables spécimens de l’art maya. Dès le 18è siècle, les Européens connaissaient l’existence d’une cité enfouie au cœur de la forêt et de célèbres voyageurs du 19è siècle ont laissé des témoignages concernant les merveilles architecturales qu’ils avaient découvertes. Entre les années 600 et 900 de notre ère, désignée comme la Période classique de l’histoire de la Méso-Amérique, Palenque fut la capitale d’une zone très étendue. Elle connut son apogée au 7è siècle de notre ère, notamment sous le règne du roi Pakal (Bouclier solaire), qui la gouverna de 680 à 720 et auquel succéda son fils aîné, Chan Bahlum (Serpent-Jaguar). C’est à cette époque qu’a été construit le Temple des Inscriptions, grandiose pyramide à huit corps superposés, qui fut pour les archéologues, une véritable mine de découvertes et d’informations, notamment par les inscriptions en fins bas-reliefs de la partie haute. Du sanctuaire érigé au sommet de la pyramide, un escalier descend jusqu’à une crypte scellée d’une pierre triangulaire, découverte en 1952, au centre de laquelle se trouvait le sarcophage du roi Pakal, lui même couvert d’une pierre monolithique sculptée; c’est le monument funéraire le plus spectaculaire du Mexique préhispanique et on en trouve une reproduction au Musée national d’Anthropologie à Mexico; le monolithe original est conservé au Musée du site de Palenque, sous verre, à température contrôlée, et on peut la voir à travers une paroi de verre qui épouse la forme et les dessins de la tombe originale

Située dans les collines, la zone archéologique correspond au centre cérémoniel de la grande cité maya et couvre une superficie de 500 mètres par 300 mètres ; les experts pensent que la cité pouvait s’étendre sur une longueur de 8 kilomètres, la majorité des bâtiments demeurant encore enfouis sous la forêt qui les a grignotés et recouverts après le déclin de la ville. C’est donc dans la forêt que débute la visite que nous faisons avec Juan, le guide que nous engageons; celui-ci s’exprime en espagnol, mais aura la gentillesse de parler lentement, avec des mots simples, sans néanmoins lésiner sur les informations. Dans la forêt, Juan, dont le grand-père est botaniste, nous identifie les espèces d’arbres les plus précieuses (ceiba ou fromager, l’arbre sacré des Mayas, cèdre rouge, cèdre blanc, palo mulato; il nous indique aussi le laurier –immense, rien à voir avec nos lauriers-roses-, l’amargosa, l’arbre à caoutchouc (je ne sais pas s’il s’agit du hévéa ou d’une autre variété), etc. C’est de ce latex que se servaient les Mayas pour fabriquer le stuc qu’ils utilisaient pour les fresques dont ils ornaient leurs temples et bâtiments : caoutchouc, sable, pierre moulue, coquillages réduits en poudre et eau, voilà la recette! Nous sommes en forêt tropicale et les arbres sont couverts de diverses plantes épiphytes; Manon et Joanne en profitent pour tenter une imitation de Jane et se balancer grâce aux lianes!

Outre le Temple des Inscriptions, nous voyons avec Juan le temple de la Tête de mort, le Temple de la Croix, le Temple de la Croix foliée, le Temple du Soleil; nous admirons certaines techniques de construction : l’arc maya, sans pierre de voûte, construit avec des pierres en forme de L, qui s’imbriquent les unes dans les autres de telle manière qu’elles sont une clé l’une pour l’autre et que chaque côté de l’arc est autoportant, un côté pouvant s’effondrer sans que l’autre n’en soit affecté; trous de ventilation en forme de T ( signe du dieu des vents); trou dans les immenses blocs de faîte, révélant que les pierres étaient palantées jusqu’au sommet. Nous visitons le Palais, construit durant plus de quatre siècles pour servir de résidence aux rois de Palenque. Reposant sur un soubassement en forme de trapèze de 100 mètres de long par 80 mètres de large, il s’agit d’un assemblage de patios, galeries et chambres, dominé par une tour carrée de quatre étages, laquelle servait peut-être de poste d’observation astronomique ou de poste de guet; on trouve, dans ce Palais, des bains de vapeur, des « toilettes », un système de drainage, des trous ménagés dans le sol amenant l’eau vers un grand aqueduc souterrain. Dans la cour, on admire un magnifique bas-relief, qui représente la mère de Pakal lui remettant un grand panache, symbole du pouvoir.

Dans toutes ces constructions, qui s’articulent autour d’une grande place, la représentation de la figure humaine est une constante que l’on retrouve sur les stèles, sur les linteaux adossés aux murs et sur les reliefs modelés en stuc. Le Musée du site expose aussi une quantité d’objets découverts lors des fouilles, notamment des têtes en stuc, et aussi des masques en jade et en nacre trouvés parmi les offrandes funéraires. Tout cela révèle l’idée que les Mayas se faisaient de la beauté : crâne allongé, yeux en amande, nez aquilin, front large et petit menton. Ils pratiquaient volontairement une déformation du crâne (en appliquant des pierres plates tenues en étau de chaque côté de la tête), peu après la naissance pour obtenir cette déformation allongée du crâne; dans leurs croyances, l’homme émergeait de l’épi de maïs et la coiffe que portaient les nobles évoque d’ailleurs le feuillage du maïs, plante sacrée, associée à l’astre et au dieu solaire; l’homme dont le crâne était allongé était réputé béni et proche des dieux, plus proche du supra-monde que de l’inframonde. Ils provoquaient aussi (ou ainsi?) le strabisme, également considéré comme un critère de beauté. Les personnes qui naissaient avec ces caractéristiques, notamment ceux atteint de trisomie 21, étaient respectées et traitées avec déférence.

À la fin de notre visite avec Juan, nous sommes approchés par une archéologue française, qui vit au Mexique depuis dix ans, et qui, en lien avec l’Unesco, s’implique auprès de communautés mayas du Chiapas. Elle veut notre collaboration pour répondre à une enquête, objet de sa recherche. Nous la questionnons à notre tour, car nous constatons, en tentant de répondre à ses questions, que nous savons encore peu de choses des Mayas d’aujourd’hui. En route vers Palenque, nous avions traversé une grande et jolie communauté agricole, dont les lots étaient délimités par des clôtures en bois; au point d’entrée de cette agglomération, il y avait une affiche disant que ces terres avaient été récupérées en 93-94; au Chiapas, dans l’année précédente, il y avait eu des révoltes et des revendications qui, nous confirme notre archéologue, ont abouti à ces accords. Mais, les Indiens du Chiapas estiment recevoir moins du fédéral que les autres états du Mexique qui attirent les touristes. De plus, selon des recherches, il semble que 80% des dépenses faites par les touristes au Chiapas ne profitent pas aux habitants de cet état, ne restent pas chez eux. C’est ce qui explique que l’attitude de certains indiens, surtout au Chiapas ne soient pas toujours amicale envers les touristes.

Nous terminons notre journée en marchant vers le Musée, qui est situé près de notre camping. Ceci nous permet de voir encore certaines ruines, excentriques par rapport à celles du centre cérémoniel, ruines qui correspondent à ce qui reste des habitations de ceux qui n’appartenaient pas à la classe des nobles et des prêtres. La piscine est à l’honneur au retour! Comme souvent, une vague odeur de pot flotte dans l’air à proximité de la piscine. On doit mentionner que le camping comporte une zone réservée aux « marcheurs », qui dorment, soit sous la tente, soit dans le hamac suspendu dans la petite palapa qui occupe chacun des sites de cette zone (un peu comme le lean-to de certains « state parks » américains). Plus de jeunes bohèmes et aussi, de vieux beatniks, dans cette zone du camping qui est fort typique et bien aménagée.

Dimanche 08-03-2009- PALENQUE

En cette Journée internationale de la femme, corvée de lavage et de ménage en matinée. Heureusement, farniente et lecture en après-midi!
Dernière note : au départ de Palenque, Stéphane aperçoit une publicité devant le concessionnaire VW; une Jetta neuve à 120 000 pesos (environ 11 000$cdn). Il voudrait bien en exporter une au Québec à ce prix-là!

jeudi 12 mars 2009

OAXACA à HUATULCO

Vendredi 20-02-2009- PUEBLA à OAXACA – 349 km

Une belle cuota nous conduit à travers les montagnes, tout en nous faisant perdre 2000 pi en altitude : Oaxaca n’est qu’à 5000pi! Notre camping est au centre-ville ou presque; une marche de 20 ou 25 minutes et nous voilà au centre historique de la ville.

Vendredi soir, dès l’arrivée, nous nous sommes payé un repas-spectacle à l’ancien couvent Sainte-Catherine- de-Sienne (qui est devenu un hôtel): un buffet de plats mexicains avec un spectacle de danses traditionnelles des régions environnantes d’Oaxaca. Super intéressant et très coloré, sauf que l’appareil photo était resté au camping; donc pas de photos à partager.

Ce soir-là, après avoir parcouru quelques rues de centre-ville, nous avions déjà le sentiment qu’Oaxaca serait un autre coup de cœur du voyage, presque un coup de foudre : et bien, ce fut le cas. Est-ce à cause des rues piétonnières, de l’absence de smog pour la première fois dans une grande ville mexicaine, ou de la présence des montagnes entourant la ville : cette ville nous a séduits, avec ses nombreux parcs et places, avec le style colonial de ses bâtiments aux couleurs multiples, avec ses marchands ambulants venant des villages d’alentour pour vendre des produits artisanaux très colorés (tissage, tapis et animaux multicolores en bois sculpté, notamment), avec ses intéressants musées (centre culturel Santo Domingo,; musée du textile). Et cela, sans parler du site archéologique de Monte Alban, sur l’une des collines environnantes, avec des vues époustouflantes sur les environs.

Mais un coup de foudre peut coûter cher. C’est un peu là le grand malheur. Plusieurs personnes nous avaient prévenus. Nous le savions, mais nous avons succombé. Nous nous disions : ce n’est pas grave, nous ne pouvons pas exagérer, l’espace dans notre véhicule est super limité. Malgré tout, nous avons fait de superbes achats qui ne prennent pas d’espace, mais qui dégarnissent le porte-monnaie. Stéphane a même l’intention de dénoncer le guichet automatique d’Oaxaca: l’argent qui en sort est de l’argent qui brûle les doigts; une plainte officielle sera donc logée!

Dimanche, la ville est très calme; il y a surtout des touristes dans les rues. Habillés en « Québécois dans le sud », nous en payons le prix : le temps devient très nuageux et assez frais (max 150C). Nous avons même vu quelques gouttes de pluie. Nos shorts et nos sandales n’étaient pas d’un grand secours pour nous réchauffer. Nous avons visité le Centre Culturel Santo Domingo; l’édifice lui-même valait le détour : c’est le résultat de la restauration d’un ancien couvent de dominicains bâti en 1608. On y voit toutes sortes d’objets d’art trouvés dans une des tombes du site archéologique de Monte Alban et dans différents endroits de l’état d’Oaxaca; le musée relate l’histoire préhispanique et coloniale de la ville, de l’état et du couvent lui-même.

Lundi, visite du site de Monte Alban. Situé sur le sommet d’une montagne, ce site nous démontre encore que nos profs d’histoire ont complètement ignoré ces civilisations qui ont vécu ici bien avant Colomb ou Cartier. Ces peuples nous ont laissé des traces bien plus imposantes que celles laissées par nos peuples autochtones du Nord. L’astronomie y était même pratiquée. Ses origines remontent à 500 ans avant J.C. Et comme les autres sites de cultures précolombiennes, les Zapotèques l’abandonnent vers les années 750 à 800 après J.C.

Mardi 24-02-2009- OAXACA à MITLA à RIO HONDO– 175 km

Peu après avoir quitté Oaxaca, le matin, nous visitons Mitla, site archéologique qui a comme caractéristique l’ornementation de ses constructions : celles-ci sont décorées d’arrangements de pierres, appelées grecques. Travail de dentelle, exécuté avec des milliers de petites pierres taillées et arrangées de manière à former des motifs variés.

Puis, nous roulons vers Rio Hondo. Le hasard a fait qu’Irma Ruiz-Lecavalier (professeur d’espagnol au Collège de Valleyfield) visitait sa famille à Rio Hondo, village situé entre Oaxaca et Tehuantepec. Irma, rencontrée dans une soirée amicale peu avant Noël, avait eu la gentillesse de nous inviter chez elle, en apprenant que nous serions au Mexique en même temps qu’elle. Après Mitla, nous avons parcouru une route de montagnes super sinueuse, pour nous rendre à notre rendez-vous avec Irma. Donc conduite à basse vitesse avec quelques arrêts. La sœur d’Irma, Lilia, qui possède un petit commerce à l’entrée du village, nous attendait et a accueilli notre West dans sa cour.

Irma et Lilia nous ont permis de vivre une expérience de vie mexicaine. Lisette a joué à la grand-mère avec la nièce de 3 ans d’Irma, Lupita (Cynthia Guadalupe), d’abord gênée, puis de plus en plus enjouée. Nous avons visité le village (environ 250 habitants), vu les 24 maisons avec toit de ciment et murs d’adobe bâties par le père d’Irma, il y a une cinquantaine d’années; vu aussi les installations municipales et la bibliothèque soutenue par Irma. Nous avons compris pourquoi toutes les rues de nombreux villages sont en terre : la température est de 40 à 450C l’été, le ciment ou l’asphalte multiplierait la chaleur. La mère d’Irma nous a reçus dans sa maison; avec elle et Irma, nous avons visité le cimetière situé sur une petite colline, où est enterré le père d’Irma, décédé il y a un an; la visite d’Irma dans sa famille était d’ailleurs reliée à une célébration marquant l’anniversaire de ce décès. Ensemble, nous avons ensuite assisté à la cérémonie des cendres à l’église (malheureusement, il y avait eu malentendu; ni le curé, ni les paroissiens ne disposait de cendres, de sorte que la distribution a été reportée au lendemain). Par la suite, tous chez Lilia, nous avons placoté pas mal de la vie du village, du travail accompli par les parents d’Irma dans leur vie, des rituels associés aux funérailles et au deuil. Belle rencontre!

Le lendemain matin, nous avons fait la rencontre d’une autre des sœurs d’Irma. Tout comme Lilia, celle-ci est très impliquée dans sa communauté et travaille activement à l’adoption de pratiques de recyclage; les deux sœurs essaient d’améliorer la vie du village par leur bénévolat. Cette expérience et ces rencontres nous ont beaucoup touchés.

Dernières anecdotes. Un, on a pris une douche « manuelle » : dans l’espace réservé à la douche dans la salle de bains, on se mouille à l’aide d’une écuelle qu’on plonge dans un sceau d’eau; on se savonne; puis on se rince de la même manière, à grands coups de sceaux d’eau sur la tête : presqu’un souvenir de notre enfance! Deux, en période de nuit noire (nouvelle lune), on a vu là l’un des ciels les plus étoilés de notre vie.


Mercredi 25-02-2009- - RIO HONDO–TEHUNTEPEC-HUATULCO 275 km

Lisette a passé la nuit à entendre les coqs chanter; nous campions plus ou moins dans la basse-cour. Au moment du départ, nous apprenons qu’Irma et Lilia ont le projet de se rendre à Tehuantepec ce jour-là. Nous offrons donc le transport, puisque c’est notre direction, Ceci nous permettra de profiter de la compagnie et des connaissances des deux sœurs. Chemin faisant, nous visitons une fabrique artisanale de mescal et une église d’un joli village. Puis, à destination, nous faisons nos au-revoir, avant de poursuivre notre route, que nous pensions terminer à Salina Cruz, pour y attendre le reste de groupe en nous prélassant sur le bord de la mer.

Arrivés sur le bord de la mer à Salina Cruz, nous constatons d’abord que la mer est difficilement accessible; de plus, la plage assez étroite en littéralement l’objet d’une embuscade par une vingtaine de militaires, apparemment en recherche de matières illicites ou de persona non grata. Quelques minutes nous suffisent pour nous convaincre qu’il vaudrait mieux remonter la côte de Pacifique si nous voulons vraiment nous prélasser. Nous nous dirigeons vers Huatulco, en espérant avoir l’énergie nécessaire pour retrouver les trois autres couples; ce jour-là, ceux-ci déménageaient leurs pénates de Puerto Escondido à Puerto Angel. Les 30 derniers kms de courbes intenses nous ont forcés à un arrêt à Huatulco dans un camping sans électricité mais situé face à un terrain de golf et directement sur la plage (250 mètres, un petit boisé à traverser, et ça y est : dans les vagues!). Environnement paisible, à proximité d’hôtels remplis de gens venus oublier l’hiver une semaine ou deux. Donc, repos complet pendant 2 jours. Plage, mer, snorkel (pour Lisette seulement, non merci pour Stéphane), observation d’oiseaux, lecture de romans : la farniente avant de reprendre la route. Trop bien pour bouger, nous y attendons le reste du groupe, avec qui nous poursuivrons l’itinéraire prévu.

mercredi 4 mars 2009

Pendant ce temps, Manon et les autres...

La température est toujours aussi merveilleuse depuis notre entrée au Mexique. Le groupe s'est séparé temporairement ce samedi (soit le 14 février, nous étions tous à Cholula) en trois groupes 1= Lisette et Stéphane, 2= Bernard et Suzanne (ils resteront avec le groupe 3 pour un jour où deux), 3= Manon Richard Nazir et Johanne. Tout le monde doit se rejoindre à Puerto Escondido lieu de retrouvailles de tout le groupe dans les alentours du 24 ou 25 février.

Samedi 14-02-2009- Cholula à Cacahuamilpa – 241 km

Encore une fois même si la distance n’est pas énorme le temps pour effectuer un trajet au Mexique relève quasi de l’inconnu à chaque fois étant donné que l’on doit régulièrement faire face à des routes mal identifiée où voir même pas identifiée du tout, mais c’est cela le Mexique alors on s’y fait. Sommes donc arrivés aux grottes en fin après midi, nous savions qu’il serait trop tard pour visiter les grottes mais ça nous a permis de bien s’installer, car nous dormirons ici étant donné qu’il n’y a aucun camping dans le coin.

Dimanche 15-02-2009- Cacahuamilpa

Sommes allés visiter les grottes de Cacahuamilpa vers 13 heures. Pour 4 d’entre nous c’était une deuxième visite mais toujours autant apprécié. Même si nous avons en la personne de Johanne notre traductrice personnel, le débit des paroles du guide ne lui permettre pas vraiment de comprendre ses explications donc impossible pour elle de nous traduire le tout. Sans parler qu’elle avait besoin de toute son énergie pour marcher car c’était maintenant à son tour d’avoir un peu le tournis sans parler que comme c’est assez sombre à l’intérieur elle avait beaucoup de difficulté à voir où elle mettait les pieds. Mais comme les images valent milles mots tous apprécie leur visite. Comme on doit compter au moins 2 heures ½ pour la visite nous passons une autre nuit sur le stationnement des grottes. Par contre nous pouvons profiter d’une belle piscine ce qui nous permet de se rafraichir un peu.

Lundi 16-02-2009- Cacahuamilpa à Taxco – 23 km

Nous prenons la route pour Taxco vers 10 heures, pas très grave dû à cette si courte distance quoique cela nous prenne 1 heure à parcourir sur une route très sinueuse. C’est au mirador (c'est un beau point de vue qui surplombe la ville) que le groupe se divise encore car Bernard et Suzanne prendront la route pour Puerto Escondido étant donné que leurs 2 filles arrivent jeudi le 19 février. Il y a même un kiosque touristique sur ce mirador alors nous allons nous informer pour une visite guidée et pour un endroit pour coucher. Le guide nous dit qu’il n’y a pas de problème à coucher au mirador et prend entente avec nous pour une visite à l’heure qui nous conviendra. La visite de Taxco fut tellement intéressante, notre guide nous a amené dans sa voiture et nous a fait vraiment découvrir Taxco. Le guide nous laisse vers 16 heures 30 après nous avoir donné beaucoup d’informations sur sa ville et après nous avoir fait visiter la cathédrale de Taxco. Nous marchons dans les petites rues de cette merveilleuse ville (celle-ci devient le coup de cœur de Johanne et Nazir) puis allons souper dans un petit restaurant pour entrer à nos motorisés vers 21 heures. Au mirador, serons maintenant 3 motorisés à y passer la nuit car un autre touriste cette fois-ci venu directement d’Autriche (c’est surement un pauvre, car il avait un motorisé très récent et était en voyage depuis 2 ans déjà). Malgré nos appréhensions, question de bruit, la nuit se passe très bien donc tout le monde passe une très bonne nuit donc sommes fin prêt pour une e journée qui s’annonce pour être assez longue demain.

Mardi 17-02-2009- Taxco à Marquelia – 354 km

Enfin la mer qui s’annonce pour la fin de la journée. Donc sommes prêt assez tôt pour prendre la route étant donné un millage assez important. Marquelia est un petit village au bord de la mer que nous avions découvert à notre dernière visite dans la région, alors c’est donc Richard qui prend les devants. Juste de traverser Taxco avec les motorisés est au départ assez périlleux (sauf pour les amis de Stéphane et Lisette les « west » comme il les appelle) mais finalement s’avère bien se dérouler du moins c’est se que nous pensions, jusqu’à ce qu’un véhicule nous dépasse pour s’arrêter quelques cents pieds plus loin. Comme nous étions sur une route sinueuse nous n’avons pas compris ce que ce chauffeur tentait de nous dire donc nous l’avons dépassé à nouveau. Enfin rendu à un village appelé Iguala le chauffeur a enfin réussi à faire ralentir Nazir lequel avait oublié de barrer un de ses coffres ce qui a eu comme effet de laisser sortir sa table, son tapis, et autres effets contenu dans ce coffre. Mais heureusement, ce bon samaritain a ramassé le tout et lui a tout redonné. Je ne sais pas si nos gentils québécois en auraient fait de même mais passons… Quelques minutes plus tard Nazir n’était pas au bout de ses peines puisque à cause de réparations de route alors qu’il croisait une vanne il a accroché son auvent laquelle a déchirée un peu. Bon, personne de blessé ni de mort alors reprenons notre route. Pensons toujours arrêter pour visiter les ruines de Tehuacalco (site qui vient tout juste d'être ouvert au public soit le 16 décembre dernier) et qui nous avait été référé par notre guide de Taxco. Arrivé à l’entrée du site hésitons un peu car l’entrée est très étroite mais finalement décidons d’y aller. Encore une fois c’est un peu périlleux mais les risques en valaient la peine. Nous y passons au moins 2 heures. Les chances d’arriver à Marquelia avant la brunante sont toujours possibles mais diminuent très rapidement dû encore une fois à l’état de la route qui est très sinueuse. Pour le comble, encore une fois, (c’est la deuxième fois que cette situation se produit alors que nous sommes en tête de file) sommes arrivés au bout d’un chemin lequel était barré par de la construction, avons dû faire des manœuvres très serrées pour nous amenés dans une toute petite rue et là eh! bien Richard a accroché une voiture stationnée. Après discussion et 300 pesos plus loin avons pu reprendre notre route. Mais là il était définitivement trop tard pour se rendre à Marquelia donc nous avons arrêtés dans un Pemex dans un petit village Copola.

Mercredi 18-02-2009- Copola à Marquelia – 26 km

Nous partons quand même assez tôt même si nous avons très peu de millages à faire car nous avons bien hâte de se laisser bercer par la mer. Marquelia n'a pas changé depuis deux ans. Les gens sont aussi recevant et la place est comme un petit paradis. Avons la plage à nous, n'avons rien d'autre à faire que de se laisser vivre. Comme il fait très beau prenons du soleil et prenons des marches sur la plage. Le site de la protection des tortues est toujours là même que le propriétaire nous ayant reconnu moi et Richard nous propose différentes activités. Acceptons d’aller visiter des lagunes de sel de mer, encore une fois tout le monde est ravi de cette visite. À notre arrivée Nazir voulait y rester pour 5 à 6 jours mais je crois qu’après 4 jours il est temps de bouger. Alors fixons notre départ pour dimanche matin.

Dimanche 22-02-2009- Marquelia à Puerto Escondido – 262 km

Partons assez tôt pour aller rejoindre Suzanne et Bernard. La route quoi que moins en montagne qu’au centre du Mexique est assez étroite et un peu sinueuse par moment. Dès notre entrée dans l’état d’ Oaxaca avons droit à 5 barrages routiers. Sur 5, 2 seulement nous laisse passer sans être fouiller, rien d’important je pense même qu’il s’agit plus de curiosité qu’autre chose. Finalement arrivons en fin de journée. Le camping n’a pas changé mais de beaucoup plus achalandé qu’il y a 2 ans.

Lundi 23-02-2009- Puerto Escondido

Bernard, Suzanne et Charlène partent à la pêche très tôt le matin. Tant qu’au reste de la gang peut-être par fatigue où par coup de chaleur ne faisons rien de la journée. Il faut dire que Charlène a pêché un « pez vela » où « sail fish » comme vous voulez, de 6 pieds au moins alors avec tout ce brouhaha on n’a pas fait grand-chose. Par contre Nazir et Richard ont pris rendez-vous pour mercredi question de battre les enjeux. À suivre….

Mardi et Mercredi 24 & 25-02-2009- Puerto Escondido

Mardi a été une journée de plage et d’apnée pour la plupart d’entre nous. Tant qu’à Mercredi journée de revanche pour Nazir et Richard, ils partent très tôt pour la pêche. Johanne les accompagne question de faire une balade en mer. Malheureusement ils ne battent pas le record par contre ils reviennent avec une dorade (famille des dorés) ce qui nous donnera 5 kilos de poisson tout simplement délicieux. En bonus, ils auront eu droit à un spectacle de dauphins qui restera gravé dans leur mémoire longtemps. Le restant de l’après midi leur permettra de se reposer et de se préparer au départ prévu pour le lendemain vers 9 heures.

Jeudi 26-02-2009- Puerto Escondido à Zipolite (Puerto Angel) – 72 km

Journée de grand départ pour les filles à Bernard & Suzanne. Pour nous, devions rencontrer Lisette & Stéphane à Puerto Angel mais je crois qu’après une route sinueuse eux décident de rester à Huatulco question de reprendre du mieux et de se reposer. Tant qu’au reste du groupe décidons de rester une journée supplémentaire dans ce joli camping connu par l’entremise de voyageurs comme nous. Il y avait une très belle piscine et il faut aussi dire que la plage était une plage de nudistes intégrales, rien pour déplaire aux voyeurs du groupe. Alors les retrouvailles avec Lisette et Stéphane se feront donc samedi matin.

Samedi 28-02-2009- Zipolite (Puerto Angel) à San Pedro Tapanatepec– 352 km

Les retrouvailles ont lieu comme prévu vers 11 heures. Tout le monde est bien reposé donc en forme pour reprendre la route. Notre prochain arrêt est prévu pour le Canyon Sumidéro pour ensuite entreprendre le Yucatan. La route est peu intéressante et très sinueuse par moments. Comme depuis notre entrée dans Oaxaca les contrôles militaires se font très fréquents. Aujourd’hui on en traverse 3 mais sans toutefois être fouillé. Comme il n’y a aucun camping dans le coin on passera la nuit dans un Pemex qui en plus d’être très bruyant sera très venteux.